mercredi 28 janvier 2015 à 19h30
Valérie Zenatti et Angélique Villeneuve

Thème : Rencontres et Débats
Librairie
91, rue de Fontenay
Vincennes
Valérie Zenatti
Ed. de l'Olivier
C'est ici à Constantine que grandit Jacob, non loin du pont Sidi M'cid dans une famille de confession juive. Lui aussi est fier de porter les couleurs du drapeau français. Il quitte sa famille, soucieuse de le voir revenir au plus vite, car il est la lumière dans cette habitation d'une seule pièce où ils dorment à 8. La voix de Jacob, qui aime tant chanter du Cheikh Raymond, résonne encore entre les murs et son absence est un nuage qui obscurcit l'horizon. Reviendra-t-il chantonner la victoire ? Reviendra-t-il pour partir à nouveau, suivre le chemin de l'exil vers la France lorsque tous les Juifs algériens quitteront, de fait, cette terre qu'ils ont tant aimée ?
Valérie Zenatti trace d'une écriture élégante et sensible, le portrait saisissant d'un jeune homme pris dans la tourmente de l'Histoire. Jacob et sa grande force juvénile empreinte de naïveté, Jacob et son amour tel un soleil qui irradie sur les siens. Jacob,mémoire vive d'un peuple déraciné dont le prénom répété à l'infini sonne comme une litanie cérémonielle. Jacob, Jacob, Jacob, Jacob, Jacob...
Angélique Villeneuve
Ed. Phébus
Bouleversantes retrouvailles
Première guerre mondiale, Jeanne éprouve l'absence qui laisse comme une voile de neige sur sa peau. Toussaint, son mari, est parti depuis longtemps déjà et il faut apprivoiser la faim et le froid. La petite Léo ne connaît de son papa que le cadre suspendu au dessus du lit où un soldat fier fait face à l'objectif.
Mais voilà qu'un jour Toussaint revient. De son vécu dans les tranchées Jeanne ne saura rien. Cet homme à qui il faut peu à peu se réhabituer, est différent. Il dort nuit et jour, tait sa souffrance et mange en soulevant ses bandages qui lui prennent tout le visage.
Angélique Villeneuve pose sa plume au bout du fusil pour nous plonger dans les retrouvailles des corps meurtris. Comment briser ce silence de chair? Comment les êtres font-ils pour se rejoindre lorsque la plaie est béante, inscrite sur les visage des gueules cassées? La force de ce récit est liée à l'espoir que Jeanne tire de l'atrocité. Ses mots, cousus dans une étoffe élégante, laissent passer la lumière d'une aube nouvelle, synonyme alors de renaissance.