Fiche numéro : 73
Été 2026 - Nerval
Fiche n°73
Sylvie, Aurélia, Les Chimères de Gérard de Nerval
Dates des premières éditions : respectivement 1853, 1855 et 1854
Libertalia, 2018 pour la présente édition
Gérard de Nerval est un magicien. Ses mots simples vont droit au cœur. Ils nous lient à son destin pour toujours. Un dialogue ininterrompu se déploie entre son mystère et le nôtre, dans un monde en fragments où scintillent des reflets, où résonnent des échos. Dans le dédale de ses déambulations champêtres et nocturnes peuplées de figures miroitantes, le lecteur se découvre sous un autre visage. Car tout parle et se répond dans son œuvre sans jamais se confondre : le présent et le souvenir, le rêve et la vie quotidienne, le proche et le lointain, mise en scène de la scission tragique qui menace le poète. Retour chez Sylvie dans les territoires perdus de l'enfance, visions oniriques inspirées par la mort d'Aurélia, voyage halluciné à la rencontre de ses propres Chimères semblent autant de tentatives pour « analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie ». Dans cette époque étrange qui succède aux révolutions, l'âme de Nerval est un paysage en ruines d'où jaillit une flore luxuriante et sauvage reprenant ses droits sur la vanité des constructions humaines.
L'auteur
Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, né le 22 mai 1808 à Paris, est fils d'un médecin militaire et d'une lingère décédée peu de temps après sa naissance. Condisciple de Théophile Gautier, ami d'Alexandre Dumas et des romantiques, il publie ses premiers vers à dix-huit ans à peine. Excellent germaniste, il traduit brillamment le Faust de Goethe, les œuvres de Schiller et de Heinrich Heine. Grand voyageur, Nerval découvre l'Orient et se déplace également dans toute l'Europe entre plusieurs périodes d'internement. Frappé par le dénuement, il se donne la mort le 26 janvier 1855.
Citation
« Telles sont les chimères qui charment et égarent au matin de la vie. J’ai essayé de les fixer sans beaucoup d’ordre, mais bien des cœurs me comprendront. Les illusions tombent l’une après l’autre, comme les écorces d’un fruit, et le fruit, c’est l’expérience. Sa saveur est amère ; elle a pourtant quelque chose d’âcre qui fortifie, — qu’on me pardonne ce style vieilli. » (Sylvie)
Fiche rédigée par Malik Rumeau
