Fiche numéro : 69
Mars 2026 - Wharton
Fiche n°69 – Mars 2026
Ethan Frome
De Edith Wharton
Traduit de l’américain par Julie Wolkenstein
Année de première publication: 1911, P.O.L, 2014 pour la présente édition
Massachusetts, fin du XIXe siècle. Contraint très jeune de reprendre la ferme et la scierie familiales, Ethan Frome a dû renoncer à ses études et ses envies de voyage. Il a épousé une cousine souffreteuse plus âgée, avec qui il vit dans le plus grand dénuement. La venue de Mattie va changer le cours de sa vie.
Issue d’un milieu extrêmement favorisé qu’elle s’est attachée à décrire de façon mordante au fil de ses romans, Edith Wharton surprend avec « Ethan Frome », court roman rural, histoire d’un amour désespéré chez des gens simples et taiseux où l’argent fait défaut. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers comme l’impossibilité pour ses personnages de braver des interdits liés à leur condition sociale ou leur morale personnelle, ici confrontés en plus à une réalité économique désastreuse et des hivers longs et rigoureux. Avec pudeur, elle décrit la naissance de l’élan amoureux, la joie, le trouble, l’idée d’un bonheur conjugal, sentiments qui viendront d’autant plus tragiquement se fracasser contre le réel.
L’autrice:
Edith Wharton, née Edith Newbold Jones, naît en 1862 au sein d’une riche famille de la haute société new-yorkaise. Elle apprend les langues étrangères, la littérature et les arts, épouse à 23 ans Edward Wharton, un homme plus âgé de son milieu qui ne partage pas ses intérêts. Ils divorcent en 1913. Elle part en Europe et s’installe à Paris en 1907, se lie à Henry James, Paul Bourget, Jean Cocteau ou encore Anna de Noailles. Elle décède en 1937 laissant une oeuvre d’une quarantaine d’ouvrages, romans, essais, poèmes, ainsi que son autobiographie en 1934.
Elle est la première femme de lettres à recevoir le prix Pulitzer (en 1921 pour « Le temps de l’innocence »).
Citation :
« « Là, c’est chez moi » dit Frome en haussant son épaule estropiée dans cette direction; et ce spectacle était si angoissant et oppressant que je ne trouvai rien à répondre. La neige avait cessé de tomber, et un rayon de soleil humide dévoila la maison perchée sur la colline au dessus de nous dans toute sa laideur plaintive. L’ombre noire d’une plante grimpante tombait du porche en clapotant sous la brise, et les minces murs de bois, sous leur couche de peinture délavée, semblaient frissonner sous le vent, qui s’était levé depuis que la neige avait cessé de tomber. »
Fiche rédigée par Sarah Bazin-Slaney
