Fiche numéro : 33 - juin 2022

Juin - Londres

Fiche n°33 - Juin 2022

Dante n'avait rien vu d'Albert Londres

Année de première publication: 1924

Éditions Motifs, 2000, pour la présente édition

Afrique du Nord, 1924. Après le succès de son reportage en Guyane, Albert Londres enquête sur les bagnes militaires du Maghreb colonial. Ce qu'il y découvre est horrifiant : des caserne-prisons peuplées de forçats déshumanisés, un encadrement sadique et des caïds régnants en despotes barbares. Pour ces bagnards en uniforme, tout est préférable à leurs conditions de vie : la désertion, l'automutilation et même la mort.

Révolté par ce qu’il voit, Albert Londres livre un témoignage des plus cinglants où l’on retrouve l’essence de son style inimitable. Une démonstration de journalisme pour laquelle il obtiendra le prix littéraire de l'Ordre universel du mérite humain.

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». Albert Londres

L’auteur :

Né en 1884 à Vichy, Albert Londres se consacre d’abord à la poésie tout en exerçant son métier de journaliste. Après avoir été correspondant de guerre de 1914 à 1918, il travaille pour le journal L’Excelsior pour lequel il part en Chine, au Japon, en Russie et en Inde où il rencontre notamment Gandhi. Engagé par la suite au Petit Quotidien, il y publiera ses reportages les plus retentissants. Le monde deviendra dorénavant son terrain d’exploration et il n’aura de cesse de combattre l’injustice et de dénoncer l’inhumanité de son époque. Il meurt en 1932 au large de la Somalie lors du naufrage du navire qui le ramène en France. Il avait 47 ans.



Extrait :

« Tous ces pensionnaires étaient jeunes. À peine voyait-on quelques vieux chevaux attelés eux aussi à la noria. Il y avait de tout dans le lot : des hommes méchants, des crapules de naissance ou de circonstances, des égarés, d’autres dont la seule tare fût la violence. Français, Arabes, étrangers (Légion Étrangère), épileptiques, minus habens, caïds ! (...) L’atmosphère de cette cour était chargée de cent quatre-vingts révoltes intérieures. »

Fiche rédigée par Jean-Éric Nuquet