Fiche numéro : 26 - septembre 2021

Octobre - Gombrowicz

Fiche n°26 – Octobre 2021

Ferdydurke

de Witold Gombrowicz

Date de première publication : 1937

Traduit du polonais par Georges Sédir

Editeur Gallimard, coll. Folio



Il est des livres qui, par leur force et leur temporalité, bousculent les conventions et décloisonnent les esprits. C’est le moins que l’on puisse dire de cette œuvre formellement absurde bien que profondément philosophique. D’influence kafkaïenne, cette diatribe anti-conformiste nous plonge dans la peau de Joseph, un jeune écrivain tourmenté par une immaturité qu’on lui reproche. Un soir, ne parvenant à trouver le sommeil, il est victime d’une hallucination qui le mènera jusqu’aux bancs de l’école et plus loin encore. Captif d’un cauchemar devenu réalité, Joseph, devenu Jojo, s’enlise dans un univers régressif où les masques s’effacent pour laisser jaillir les intériorités.

Ferdydurke, composé en 1937, est l'œuvre fondatrice de l’auteur, celle qui posera les thèmes d’une philosophie puissante qu’il ne cessera d’approfondir tout au long de sa vie littéraire.

L'auteur :

Polonais d’origine, Witold Gombrowicz naît en 1904 dans la région de Varsovie. En 1933, il publie Bakakaï, son premier roman, qui servira de base d’écriture à Ferdydurke. Rapidement remarqué, sa radicalité et sa liberté de ton font de lui une figure subversive de la nouvelle littérature polonaise, une “gueule” dirait-il, appréciée autant que décriée. En 1939, sa vie bascule quand, lors d’un voyage en Argentine, la guerre éclate en Europe. Il ne rentrera pas. Depuis son pays d’adoption, il écrit, peaufinant son style, son regard sur un monde en plein bouleversement, jusqu’à finalement retrouver l’Europe en 1963 où il mourra quelques années plus tard. Il est aujourd’hui reconnu comme un auteur majeur de la littérature du XXe siècle. Sa prose est saluée, étudiée et empruntée, notamment par Milan Kundera qui salue sa lucidité critique face aux évolutions de son temps.

Extrait :

“ - Qu’est-ce que cet homme mûr fait ici ?
L’étrangeté générale étouffait celle de mon cas particulier. Oh montrez-moi seulement un visage qui ne soit pas déformé, qui me permette de discerner les grimaces du mien ! Mais on ne voyait à la ronde que des visages disloqués, laminés, retournés, dans lesquels le mien se reflétait comme dans un miroir déformant, et ces reflets savaient bien me retenir ! Rêve ou réalité ? ”

Fiche rédigée par Maxime Guenegou