Fiche numéro : 25 - septembre 2021

Septembre - Char

Fiche n°25 – Septembre 2021

« Lettera amorosa » de René Char, illustré par Jean Arp et Georges Braque

Année de première publication : 1952

Éditions Gallimard, collection Poésie, 2007 pour la présente édition

Et si « Lettera amorosa » était l'un des plus beaux chants d’amour de la poésie française ? 

Publié une première fois en 1952, illustré par le peintre Jean Arp, la version définitive du texte voit le jour onze ans plus tard, résultat d’un travail entre René Char et son ami Georges Braque, qui y signe les lithographies. En associant prose, vers et peinture, ils explorent ensemble les sentiments extraordinaires de l’amour.

Le lyrisme poétique de Char tient en son creux toute la puissance et la beauté de la poésie amoureuse. Comment réagit un corps face à l’absence ? Et que devient la légèreté du monde, le sublime de la nature, la fusion des corps lorsque l’un part ? « Lettera amorosa » n’est ni un poème de rupture, ni un chant d’amour au présent : elle est de ces œuvres complexes qui ne peuvent être simplifiées tant elles embrassent l'intensité amoureuse dans sa totalité. Et si celle-ci résonne plus d’un demi-siècle après sa parution d’un écho aussi puissant, c’est bien l’assurance que seule la poésie peut rendre aussi accessible et universelle la passion.

L'auteur :

Poète, résistant et intellectuel, René Char occupe une place déterminante au sein de la poésie française. De sa naissance en 1907 en Provence à sa mort en 1988, il a côtoyé tous les grands écrivains du XXème siècle, Breton et Eluard en tête, avec lesquels il anima le surréalisme durant cinq ans avant de lui tourner le dos. Camus le considérait comme « notre plus grand poète vivant ».

Extrait :

« Je ne puis être et ne veux vivre que dans l’espace et dans la liberté de mon amour. Nous ne sommes pas ensemble le produit d’une capitulation, ni le motif d’une servitude plus déprimante encore. Aussi menons-nous malicieusement l’un contre l’autre une guérilla sans reproche »

Fiche rédigée par Simon Payen