Fiche numéro : 20 - mars 2021

Mars - Thesiger

Fiche n°20 - Mars 2021

Le désert des déserts de Wilfred Thesiger

Année de première publication: 1959

Traduction de Michèle Bouchet-Forner pour les éditions Plon 1978

En 1945, Wilfred Thesiger entreprend de traverser le Rub al-Khali, le « Quart Vide », une étendue aride et hostile de plus de 600 000 km² située aux confins brûlants de la péninsule arabique. Afin de naviguer sans se perdre dans cette mer de sable et d’assurer sa sécurité, il s’octroie l’aide de différentes tribus de bédouins dont les caractéristiques (la tolérance, la rusticité, la fierté et le sens aigu de la liberté) le fascinent aussitôt. Cheminant avec ses guides dont certains deviendront des amis fidèles, Thesiger connaitra le danger, la soif, les repas composés de quelques dattes poisseuses, la chaleur extrême et les nuits glaciales, la violence des vendettas entre clans rivaux et l’intensité des rapports humains qu’induit le nomadisme. Le désert des déserts est un récit d’exploration trépidant et une description fascinante de paysages, d’une culture et d’un mode de vie depuis longtemps disparus: Thesiger, l’aventurier humaniste et visionnaire pressentait déjà au terme de son voyage que le pétrole récemment découvert allait à jamais corrompre et bouleverser le devenir de cette terre singulière.

L’auteur:

Fils d’un diplomate britannique, Wilfred Thesiger est né en 1910 en Ethiopie. Il quitte l’Afrique à l’âge de 10 ans et poursuit ses études à Eton puis à Oxford. En 1934 il est nommé administrateur colonial du Darfour. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il combat les italiens aux cotés des troupes éthiopiennes puis intègre le prestigieux corps des SAS. Après la guerre, accompagné de guides bédouins, il parcourt le Rub al-Khali, le plus grand désert de sable au monde. Il sillonne ensuite l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan, s’installe au Kenya puis rentre en Angleterre où il décède en 2013. Il est considéré comme le plus grand explorateur britannique du XXe siècle.

Extrait:

« A huit cents mètres de là, à l’ouest, des crêtes de calcaire se détachaient, sombres contre le soleil couchant. Les Rashid étaient alignés pour la prière et leurs ombres s’allongeaient, immenses sur le sol. Je les observais, tout en songeant que ce rituel avait dû demeurer inchangé, au détail près, depuis l’époque où Mahomet l’avait fixé, quand soudain l’un d’entre eux s’écria: « Il y a des hommes derrière cette crête. » Ils abandonnèrent leurs prières: « Les chameaux! Les chameaux! Ramenez les chameaux! » Quatre ou cinq hommes partirent en courant pour aider les bergers, qui, déjà alertés, se hâtaient de rassembler les bêtes en train de paître. Bin Kabina allait partir; je lui demandai de rester avec moi. Nous avions saisi nos fusils et étions maintenant allongés derrière les ballots épars. Une vingtaine d’hommes à dos de chameau débouchèrent de derrière l’arête et foncèrent droit sur nos bêtes. Nous ouvrîmes le feu. »

Fiche rédigée par: Jean-Eric Nuquet