Fiche numéro : 44 - juin 2020

Juin - Isherwood

Fiche n°13 – Juin 2020
Un homme au singulier de Christopher Isherwood
Traduit de l’anglais par Léo Dillé en 1979 pour Hachette collection Bibliothèque anglais, réédition en 2014 chez Grasset collection Les Cahiers rouges
Titre original : A Single Man
Année de première publication : 1964 chez Simon & Schuster
Californie, 1962. Une journée dans la vie de George Falconer, un Anglais d’une quarantaine d’années, professeur de littérature à l’Université (probablement l’Université d’Etat de Californie à Los Angeles, où Isherwood a lui-même enseigné). Au-delà de sa nationalité, c’est avant tout son homosexualité qui le sépare du reste du monde dans lequel il évolue. Endeuillé par la mort accidentelle de son compagnon, George est un être profondément seul, en proie à une amertume liée à sa condition d’homosexuel dans une société ultra conformiste. Vêtu d’une chemise blanche et d’une cravate au quotidien, il n’en reste pas moins un être marginal, passif et observateur, contemplant la complexité des rapports humains et la beauté des paysages californiens non sans sarcasme, parfois avec humour. Isherwood, à travers cet autoportrait déguisé, signe un roman sensible, véritable mise à nu d’un homme que l’on pourrait croire ordinaire, au singulier malgré lui.
L’auteur : Né le 26 août 1904 à Disley, en Angleterre, Christopher Isherwood grandit dans une famille conservatrice. Il quitte volontairement ses études à Cambridge puis au King’s College pour se concentrer sur la littérature. Il fréquente des écrivains à succès et s’installe à Berlin en 1929, fuyant une Angleterre qui tolère difficilement l’homosexualité. Il quitte l’Allemagne en 1933 avec son compagnon avec qui il voyagera dans le monde entier avant de s’installer définitivement en Californie, où il travaillera pour Hollywood. Un homme au singulier est l’un de ses plus grands livres.
Extrait, p.39 : « Dans dix minutes, on sera arrivé au campus ; dans dix minutes, George devra être George : le George qu’ils ont nommé et sont disposés à reconnaître. Aussi, maintenant, s’applique-t-il consciemment à penser ce qu’ils pensent, à s’introduire dans leur humeur. Avec une adresse de vieux cabotin, il se fait rapidement le maquillage psychologique de ce rôle qu’il doit jouer. »

Fiche rédigée par Claire Bitaudeau.