Fiche numéro : 20

Albertine, l'insoumise.

Voilà près de 50 ans, une jeune femme fougueuse et indépendante défrayait la chronique. Albertine Sarrazin demeure méconnue mais puisque Brigitte Sy a choisi de la porter à l'écran, nous vous proposons de redécouvrir une des plumes les plus modernes et originales de son époque.
Abandonnée dès sa naissance, trimballée de son Algérie natale à Aix-en-Provence, puis Marseille avant sa fugue pour rejoindre la capitale, l'enfance de la jeune femme n'aura pas été tendre. Elle n'a d'ailleurs que 18 ans lorsqu'elle est condamnée pour la première fois, c'est de son évasion que naîtra L'Astragale. Récit emblématique de cette auteure racontant sa rencontre avec Julien, celui qui deviendra le seul homme de sa vie.

Prostituée quand l'argent vient à manquer ou que celui qu'elle aime est enfermé, Albertine écrit avant tout. Elle dit l'amour incandescent, sa vie, brève mais tellement romanesque. "Ai-je rêvé de ce mélange de calligraphie et de gribouillis, d'argot et de Marie-Chantal, d'ordure et de poème. Sautiller, mordre et rejeter, faire la biffe dans le grand tas des impressions, et tout à coup, rayonnante et les reins cassés, élever au bout de ses doigts une image toute neuve, qui dormait sous la poussière, et qui à présent étincelle au soleil...".* Elle invente une langue faite d'argot et de poésie.

De braquages en séjours en prison, Albertine Sarrazin et Julien se forgent un destin à la Bonnie and Clide. En 1965, les éditions Pauvert publient son tout premier roman : La Cavale , viendront ensuite L'Astragale , La Traversière ou encore Bibiche . le succès est au rendez-vous et les enfants terribles se rangent mais l'accalmie sera de courte durée puisqu'Albertine disparaît le 10 juillet 1967 des suites d'une opération.


S'il ne reste aujourd'hui que peu de titres disponibles, vous pouvez toujours vous plonger dans les écrits de cette amoureuse éblouissante à travers L'Astragale , Bibiche et surtout le Times 1959 , son journal de prison illustré.

* Le Times journal de prison 1959, Éditions du Chemin de fer, 2013, p 23