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de Laurent Graff
chez Le Dilettante
Paru le 08/01/2014
Du 23/02/2014
Mais où est donc passé l'humain ? Question cruciale à laquelle un écrivain rare et précieux comme Laurent Graff ne pouvait répondre que sous la forme inattendue et bienfaisante d'un récit débarrassé de tous les ornements du roman et de la fiction qui, trop souvent, privent le lecteur d'une saine secousse ontologique. Son Grand absent nous invite à explorer jusque dans ses moindres plis les lieux de notre modernité paresseuse. Un parking automatisé, un hôtel aux chambres "uniformisées", une banque qui propose d'intéressants placements post-mortem, autant d'endroits lavés à grande eau javellisée sous l'oeil blasé de robots en forme de canette. On a beau creuser, on ne trouve rien, pas même une larmichette d'humaine présence prise dans un caillou ambré, ou alors pour ceux qui savent voir, on notera la présence d'un groupuscule de fourmis qui font la nique à l'homme en matière de contestation. A l'écart de la satire frontale ou des leçons de catastrophisme éclairé, Laurent Graff parvient à faire surgir de l'abîme un grand éclat de rire communicatif. On pense un peu à Playtime de Jacques Tati, un peu seulement car Grand absent est comme son auteur, il ne ressemble à rien de connu ni à personne d'autre.