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de Emily St. John Mandel, Gerard De Cherge
chez Rivages
Paru le 24/08/2016
Du 24/08/2016
"Ce qui a été perdu lors du cataclysme : presque tout, presque tous. Mais il reste encore tant de beauté : le crépuscule dans ce monde transformé, une représentation du Songe d'une nuit d'été sur un parking, dans la localité mystérieusement baptisée St. Deborah by the Water, avec le lac Michigan qui brille à cinq cents mètres de là."
Une tragédie. Arthur Leander, comédien adulé, s'effondre pendant une représentation du Roi Lear à Toronto. Mort. Le coeur foudroyé. Au même moment, une catastrophe d'une toute autre ampleur se joue. Une pandémie va en quelques semaines décimer 99% de la population mondiale. Rideau. La civilisation n'est plus. 20 ans plus tard, une troupe d'artistes, la bien nommée Symphonie itinérante continue de porter la parole shakespearienne entre les îlots de survivants. Le monde est encore rude mais l'humanité commence à apercevoir le bout du tunnel dans une nature régénérée. Une aube nouvelle est-elle sur le point de se lever ? Que reste-t-il du passé ? De "quelle étrange beauté", les objets qui n'ont plus cours sont-ils porteurs pour ceux qui ne les ont pas connu ?
Emily St. John Mandel peut s'enorgueillir d'avoir rafraîchi avec élégance le genre du roman apocalyptique."Station Eleven" est un voyage qui inaugure de nouveaux chemins que le lecteur emprunte avec reconnaissance pour aller à la rencontre des vivants, certains plus recommandables que d'autres, d'ailleurs. L'aisance avec laquelle elle nous fait naviguer du passé au présent, d'un personnage à l'autre, sur sa toile narrative est prodigieuse. Loin des Survivals bas du front mais sans pour autant faire l'impasse sur le spectacle de l'effondrement, elle semble surtout dédier son roman à ceux qui ont voué leur vie à l'Art.
Expérience de lecture inoubliable, "Station Eleven" intronise une jeune reine de l'anticipation littéraire portée jusqu'à nous par l'ondulation des hourras venus d'Amérique.