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Littérature & Anthropologie : Cycle thématique mai 2019

LES LECTURES

DE MILLEPAGES

Cataract City

Auteur(s) : Craig Davidson

Edition : Albin Michel

Parution : 20/08/2014

Chronique de Mr Julien Morel :

 

Caractériser ? Cloisonner ce livre ? Essayons... A demi-mots, comme l’auteur rassure le lecteur natif ou résident des chutes et des environs dans ses remerciements : toute vraisemblance est assumée, toute stigmatisation ne ressemble en rien au but de son roman.

Ouvrir ce livre, c’est tâtonner dans une chambre noire où une ampoule rouge à faible ampérage côtoie la lumière de la porte entrebâillée. La tenue des lieus est assombrie, les clichés tendus aux ficelles de nylon transforment les protagonistes - ces hommes, ces femmes, ces bêtes, dont l’image est figée dans le temps - en de vagues silhouettes en mouvement. Il n’y a plus de couleurs, ou si peu. Les couchers de soleil s’effacent, les lieux s’harmonisent de gris et de brume, comme les émotions ; un lien unique que la lueur rougeâtre teint d’un voile solennel.

Craig Davidson n’aggrave rien, ne distend rien. Il se joue du temps qui passe et surtout du temps passé. Il immunise littérairement le lecteur de ses éruptions américaines, lui ouvre les portes d’un monde en phase avec sa perdition, dont la désindustrialisation dénature les rapports, humains et naturels. Comment Niagara Falls a vu le jour ? « [?] l’Amérique a rejeté sa merde au Nord et le Canada au sud », dixit un vieux (fou ?) au début du roman. Le livre lui, ne sort pas d’une benne de la tournée matinale d’un camion-poubelle. Deux fils, Owen (Dutch), Duncan (Dunk) ; deux chiens, deux pères, dont la vie industrieuse étouffera les ambitions, croirait-on. Se laisser envoûter par cette histoire, c’est accepter d’être guidé par la minutieuse analyse des rapports entre les êtres, leurs bêtes, leur vie... Et cette ville, au magnétisme prégnant qui stimule dès la première ligne une intrigue sans bavures ni fausses notes...

L’obscurité domine dans cette pièce où le papier des tirages danse au rythme de la brise qui se glisse par la porte entrouverte. Et doucement l’auteur y pénètre, l’ouverture s’élargit, la lumière inonde et donne des couleurs à ce qui semblait ne pas pouvoir en jouir. C’est Davidson, Craig. Monsieur.

Resumé éditeur :

« Je connais deux garçons qui suivent un sentier secret pour aller pêcher des perches dans le bassin du Niagara, leurs cannes à l'épaule comme des carabines. Je connais le flot sans fin des chutes qui rugit dans mes veines. Je connais des forêts infestées la nuit de loups gris. » Avec la puissance et la sensibilité révélées par Un goût de rouille et d'os, adapté au cinéma par Jacques Audiard, Craig Davidson explore dans ce roman vertigineux le conflit intérieur de deux hommes liés par un secret d'enfance. Duncan Diggs et Owen Stuckey ont grandi à Niagara Falls, surnommée par ses habitants Cataract City, petite ville ouvrière à la frontière du Canada et des États-Unis. Ils se sont promis de quitter ce lieu sans avenir où l'on n'a d'autre choix que de travailler à l'usine ou de vivoter de trafics et de paris. Mais Owen et Duncan ne sont pas égaux devant le destin. Tandis que le premier, obligé de renoncer à une brillante carrière de basketteur, s'engage dans la police, le second collectionne les mauvaises fréquentations. Un temps inséparables, sont-ils prêts à sacrifier le lien qui les a unis, pour le meilleur et pour le pire ? « Un véritable écrivain, qui crée son univers littéraire en se nourrissant du corps, du coeur et de l'âme des hommes. » Joseph Boyden