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L'homme qui aimait les chiens

L'homme qui aimait les chiens

de Leonardo Padura

chez Editions Métailié

Paru le 20/01/2011

Chronique de Pascal Thuot

Du 14/01/2011

"Ce serait l'assassinat de la foi véritable: l'agonie de l'utopie. L'exilé savait bien que c'était aussi la préparation des chefs d'accusation destinés à éliminer le plus grand Ennemi du Peuple, le traître et terroriste Lev Davidovitch Trotski."


En quittant le territoire du polar et Mario Condé, son enquêteur bibliophile, Leonardo Padura n'en fait pas moins surgir des brumes du passé les pièces à conviction d'une intrigue autrement plus complexe et rétive: l'assassinat de Trotski - au piolet s'il vous plait - par Ramón Mercader, militant communiste espagnol transformé en instrument des ténèbres par les sbires de Staline.


Cette double histoire est continuée par celle d'Iván, écrivain sans oeuvre, triste et résigné dépositaire malgré lui des confidences du mystérieux homme qui aimait les chiens dans une République de Cuba qui n'en finit pas de se noyer dans son propre crépuscule.


L'homme qui aimait les chiens propose une relecture inédite et passionnante de l'épais dossier du totalitarisme stalinien, authentique machine à broyer les bolchéviks de la première heure, le peuple russe en général, et Trotski en particulier dans un roman d'une profondeur inouïe et d'une maestria telle que le lecteur a réellement la sensation d'être invité dans les coulisses de l'Histoire.


EXCEPTIONNEL.

La puissance destructrice du mensonge En 2004, à la mort de sa femme, Iván, écrivain débutant et responsable d'un misérable cabinet vétérinaire de La Havane, revient sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui se promenait sur la plage avec deux lévriers barzoï. Après quelques conversations, " l'homme qui aimait les chiens " lui fait des confidences sur l'assassin de Trotski, Ramón Mercader, qu'il semble connaître intimement. Grâce à ces confidences, Iván reconstruit les trajectoires de Lev Davidovich Bronstein, appelé aussi Trotski, et de Ramón Mercader, connu aussi sous le nom de Jacques Mornard, et la façon dont ils sont devenus victime et bourreau de l'un des crimes les plus révélateurs du XXe siècle. Il suit ces deux itinéraires, à partir de l'exil de l'un et de l'enfance de l'autre, et leur rencontre à Mexico. Ces deux histoires prennent tout leur sens lorsque le Cubain y projette ses aventures privées et intellectuelles dans la Cuba contemporaine. Leonardo Padura, dans une écriture puissante, fait, à travers des personnages ambigus et convaincants, l'histoire des conséquences du mensonge idéologique et de sa force de destruction sur l'utopie la plus importante du XXe siècle et de ses retombées actuelles dans la vie des individus, en particulier à Cuba. Un très grand livre.
EAN
9782864247555
DATE PARUTION
20/01/2011
SUPPORT
Grand format
PAGES
672
POIDS
0.902g