À LA UNE
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La littérature roumaine mise à l’honneur
au Salon du Livre et à Millepages
Emil Cioran, Eugene Ionesco et Mircea Eliade sont des écrivains connus et reconnus, mais on connaît moins des (...)>> Voir le détailEmil Cioran, Eugene Ionesco et Mircea Eliade sont des écrivains connus et reconnus, mais on connaît moins des écrivains tout aussi importants tels que Mihail Sebastian, Virgil Gheorghiu et Panaït Istrati malheureusement tombés dans l’oubli. Millepages vous propose de les redécouvrir, ainsi qu’une sélection d’auteurs d’aujourd’hui qui font la noblesse des lettres dans leur pays : la Roumanie. La diversité des talents reflète une histoire chargée des invasions passées, d’influences occidentales et orientales, d’une mémoire à déverser et à sublimer en art, au-delà du témoignage.
Le Journal (1935-1944) de Mihail Sebastian est un document inestimable, terrible d’émotion, puisqu’il s’évertue à dire au quotidien la montée du fascisme et la difficulté à écrire - et tout simplement à vivre - lorsqu’on est un écrivain juif.
Avec La Vingt-cinquième heure, roman troublant d’absurdités à répétition durant la Seconde Guerre mondiale, Virgil Gheorghiu pousse son héros au destin incroyable dans les rouages de l’administration de guerre, au gré du vent et des vainqueurs du moment. La mesquinerie des uns conduit les autres au sort le plus cruel, et l’humain est oublié.
L’œuvre de Herta Müller a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2009 - originalité de la langue et conjuration des méfaits du communisme, entre autres.
Il faut découvrir la poésie de Nichita Stanescu dont une partie seulement de l’œuvre immense a été traduite en français - rien malheureusement du poète Mihai Eminescu (l’équivalent de notre Charles Baudelaire)...
Il faut se laisser emporter par la "poésie du bégaiement" de Gherasim Luca.
Il faut avoir fait l’expérience de la lecture d’Orbitor, de Mircea Cartarescu, roman foisonnant d’images hallucinantes, voire fantastiques, qui, à la manière des pièces d’un puzzle, reconstituent l’héritage de l’auteur dans une langue complexe, tortueuse et poétique, qui s’évertue à mimer le souffle d’un homme et les méandres de la mémoire.
Il faut lire La Croisade des enfants, de Florina Ilis, ce roman magnifique dans lequel la profusion des voix révèle toutes les couleurs d’une Roumanie sortie du communisme, pour comprendre le conflit des générations, des communautés et des classes sociales, du moderne et de l’archaïque. Des personnages attachants, un rythme effréné, une fin d’une beauté...
La liste est longue de ces livres qui collent au cœur, aussi celle-ci est loin d’être exhaustive. Cependant, s’il est un écrivain qui mériterait d’être relu dans cette période trouble, histoire d’insuffler en soi un esprit de liberté, de générosité et de joie, c’est bien Panaït Istrati. Panaït Istrati eut beaucoup de succès en France à la fin des années 20 (il écrivait en français) et fut le premier (dix ans avant André Gide) à dénoncer les horreurs de l’idéologie communiste en URSS. Pour cela, la presse et les écrivains français lui tournèrent le dos – c’était désormais un traître, un vendu capitaliste... L’écriture de Panaït Istrati n’a pas pris une ride, elle a absorbé tout ce qu’il y a de meilleur au delta de la mer Noire. Ses histoires se lisent comme des contes, chantent la grandeur d’âme des petites gens et nous réconcilient avec nos voisins. Alors lisez donc La Jeunesse d’Adrien Zograffi ou Les Chardons du Baragan et jugez par vous-mêmes ! A bon entendeur, salut !Sébastien Asselin
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André Hardellet
Le chercheur d’échos
Si tu reviens jamais chez Temporel Un jour ou l’autre Pense à ceux qui ont laissé leurs noms gravés Auprès du nôtre (...)>> Voir le détail
Si tu reviens jamais chez Temporel
Un jour ou l’autre
Pense à ceux qui ont laissé leurs noms gravés
Auprès du nôtre
D’une rencontre au bord de l’eau
Ne restent que quatre initiales
Et deux cœurs taillés au couteau
Dans le bois des tables bancales
(...)
Bal chez Temporel, interprété par Guy BéartAndré Hardellet est né le 13 février 1911, rue de Fontenay à Vincennes. Poète élégant et compositeur de chansons, romancier admirable et admiré par ses pairs, il fut l’ami de Brassens, René Fallet, Robert Giraud, julien Gracq et bien d’autres.
L’érotisme de "Lourdes, lentes..." - qui ne fait plus guère monter le rouge au joues - choqua, dit-on, Raymond Marcellin, ministre de l’intérieur et précipita André Hardellet devant la 17ème Chambre correctionnelle de Paris où il fut condamné en 1973 pour « outrages aux bonnes mœurs » après un procès très largement commenté à l’époque.
On ne fréquente plus guère aujourd’hui les livres d’André Hardellet et c’est bien dommage. Il suffit pourtant d’ouvrir "Le seuil du jardin", "Les chasseurs I et II", ou encore de humer le vent de révolte qui souffle sur "Le parc des Archers" pour tomber sous le charme de sa langue déliée et chatoyante, curieuse et exaltante rencontre entre la gouaille parisienne et un raffinement littéraire proche de Julien Gracq.
André Hardellet aurait eu cent ans ces jours-ci mais ses livres brillent d’une jeunesse éternelle.
Pascal Thuot -
Renzo Tosi
Dictionnaire des sentences latines et grecques
Verba volant, scripta manent... les paroles s’envolent mais les écrits restent. Rien de plus vrai, surtout lorsqu’on (...)>> Voir le détailVerba volant, scripta manent... les paroles s’envolent mais les écrits restent. Rien de plus vrai, surtout lorsqu’on plonge son nez dans cette somme aussi érudite que nourrissante. point besoin d’être savant pour cultiver son jardin !
C’est un très beau cadeau que nous font les éditions Jérôme Millon en metant à la disposition du public français le fabuleux travail philologique de Renzo Tosi : pas moins de 1792 pages, 2286 proverbes, sentences, et autres citations regroupés en quelques 20 sections (La polique, la femme(pardon, mesdames !), la religion, la justice, etc.).
Après un bref mais ô combien réjouissant avant-propos d’Umberto Eco, "Vivre selon les proverbes", qui démontre l’impossible mise en oeuvre d’un régime politique fondé sur les proverbes, le professeur Tosi s’explique : "il s’agit de l’ébauche d’une histoire fascinante et de la découverte de ses ramifications les plus surprenantes, de la recherche de l’origine de formules, de maximes et d’expressions idiomatiques toujours bien vivantes".
Si le latin et le grec ancien sont considérées comme langues mortes, les sources démontrent une vivacité hors du commun, tandis que leur influence traverse les siècle avec une fraîcheur époustouflante. N’est-il pas dit que l’"on boit plus volontiers l’eau que l’on prend directement à la source" ?
C’est donc plasir vif et véritable que de se plonger dans ce joyeux foisonnement qui, de l’Antiquité en passant par le Moyen-Age et la Renaissance rend compte d’une culture européenne - populaire et savante - d’une inestimable richesse.
Litterarum radices amaras, fructus dulces... Les lettre ont des racines amères, mais leurs fruits sont doux.
Pascal Thuot -
Pierre Pelot
Voyages en escale
Une merveille inédite polie sur les granits des sommets arrondis des Vosges par notre ami Pierre Pelot ! Votre été (...)>> Voir le détailUne merveille inédite polie sur les granits des sommets arrondis des Vosges par notre ami Pierre Pelot ! Votre été en pente douce peut commencer.Des horizons fermés par les montagnes en cercle, comme dans un embrassement rond. Ces montagnes pas si hautes que ça et qui savent pourtant à l’occasion sacrifier un imprudent inconscient. Ces montagnes qui regardent davantage vers le bas que le ciel, vers les vallées entrecroisées qui sont leurs socles et leurs assises. Des montagnes qui ne sont que des vallées poussées en graine, grandies trop vite vers des sommets rêvés qu’elles n’ont jamais atteint, se contentant de ce qu’elles trouvaient finalement au bout de l’effort. Pourrait-on croire. Les hommes dessus sont taillés à ce gabarit, cette manière d’élan. Quand ils demeurent, quand il ne se sont pas enfuis.
Voyager sous ce ciel-là, dans l’encerclement de cet horizon-là comme une ronde figée. Voyager immobile. N’allez pas croire pour autant que le périple soit de tout repos. Ça use une vie durant. Au fil des saisons jamais pareilles qui se déroulent en permanence et pourraient vous laisser croire à une habitude, un leitmotiv… rien de plus faux. Voyager sous les arbres qui grimpent et fleurissent et frémissent au long des ans comme des siècles, témoins tranquilles de ce qu’ils pouvaient être au cours successifs des millénaires enfouis dans leurs racines. Mon territoire est le monde tout entier couché en rond comme un chat dans le jardin qui cerne ma maison, au pays des renards et des blaireaux, faute de loups. Mais les loups ne sont pas si loin, en vérité. Les loups sont des fantômes amis, ils rôdent encore. Braves bêtes.
Voyager dans le temps d’un pays qui est le mien sous le simple prétexte que j’y suis né et que j’y ai grandi, poussé comme une espèce d’arbre entre d’autres sapins et bouleaux. Mon territoire a grandi sous le ciel en vadrouille au jeté du temps et des hommes passés. Les voyages ne sont pas seulement dans l’espace, ils sont aussi compagnons du Temps. Ils se forgent et grandissent et prennent maturité comme des choses vivantes, avec le Temps. Le temps ne passe pas. Ou s’il passe il revient sans se faire prier à son point de départ. Il suffit de l’appeler et de le tenir par la main.Les voyages ne sont pas seulement un procédé géographique. Les réduire à cela n’est pas très aimable à leur égard. Les réduire à de la bougeotte physique n’est pas les tenir en grande considération. Ici, le voyage du fond de mon jardin tourne rond comme la terre est ronde, parce que c’est ma terre et mon monde et que j’en suis le centre, le centre du temps et de l’espace, le centre de l’Histoire des jours suivant les jours, indéfiniment, en une grande sarabande de sapins et de ciels bleus ou gris et de neiges et de pluie et de soleils brûlants, témoins de tant de présences et de tant de passagers en partance pour une escale définitive, de tant de voyageurs sans bagages… Sous l’œil des renards et des fantômes de loups.
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LAURENT GRAFF
Petit entretien entre amis qui ne se connaissent pas
Si j’étais vache et paresseux, je dirais que Laurent Graff a le chic pour mettre les critiques dans l’embarras, pour (...)>> Voir le détailSi j’étais vache et paresseux, je dirais que Laurent Graff a le chic pour mettre les critiques dans l’embarras, pour faire tourner en bourrique l’exégète germano-pratin (que je ne suis pas, d’ailleurs).Toujours là où personne - sauf, peut-être, ses admirateurs - ne l’attend, il s’emploie à mettre hors tension et non sans humour le nombrilisme supposé et le manque d’imagination de la littérature française contemporaine.
Petit tour de la maison Graff en quelques questions et un portrait chinois.
Dans Selon toute vraisemblance, votre dernier recueil de textes, l’individu s’efface sans cesser d’être humain. L’homme comme animal social vous rebute-t-il ?J’essaie dans ce recueil de nouvelles de démonter l’individu, de le débarrasser de ses définitions circonstancielles et anecdotiques. L’individu est à mes yeux une illusion, qui se hisse parfois au rang de supercherie. C’est une belle idée qui a mal tourné. En devenant un, l’homme s’est isolé, s’est enfermé, s’est réduit. L’individu n’est pas l’homme, et encore moins l’Etre. Il a valeur d’échantillon humain. C’est là qu’est toute sa grandeur, dans sa charge d’humanité, et non pas dans un moi particulier limité, somme toute, peu intéressant. Je crois en d’autres niveaux d’existence. L’homme en société ne m’intéresse pas beaucoup. C’est une manifestation extérieure nécessaire, qui ne retient pas mon attention.
Comme il y a des « clients-mystère », y-a-t-il selon vous des écrivains mystères, si oui, en êtes-vous ?
J’aime la notion de clandestinité dans l’écriture, avec tout ce que ça peut sous-entendre. Le client-mystère visite des magasins pour y effectuer une enquête de satisfaction dans la plus grande discrétion. Il se fait passer pour un client tout ce qu’il y a de plus ordinaire et établit un rapport. Je me place, en tant qu’écrivain et humain, un peu dans cette position, observateur fantôme, agent secret, passager clandestin à bord de la vie. Ce positionnement est avant tout le résultat d’un refus, le refus de participer et d’adhérer à un monde principalement désolant, moralement insupportable, spirituellement vide, véritable entreprise de laideur.
Il est très difficile de vivre dans ce monde quand on a fondamentalement une haute opinion de l’homme et constamment le spectacle de sa bassesse et de sa petitesse. Cette clandestinité, cet effacement, ce retrait, auxquels j’aspire, constituent à mes yeux une forme subtile de subversion. Les personnages de mes livres adoptent tous ce point de vue. D’apparence tranquille, ils sont en réalité des bombes silencieuses, des résistants de l’ombre, de fervents absents, des mutins de la vie. Ecrire, c’est en venir aux mains. C’est un acte fondateur de sédition. Je me méfie des écrivains professionnels, télévisuels ou subventionnés. Il y a là une contradiction, me semble-t-il. Je préfère les écrivains-mystère.La photo qui accompagne la présentation de votre dernier livre est prise de dos : la littérature a-t-elle un visage ?
Sur cette photo, je tourne le dos pour faire face. Si la littérature a un visage, c’est celui d’une contre-réalité, ou d’une réalité éclairée. La réalité est un seuil à franchir, une entrée en matière, un point de départ. S’en contenter serait vivre dans une ignorance aveugle. La littérature est un moyen de dépassement. Son visage est tourné. J’aime beaucoup les tableaux de David Caspar Friedrich où l’on voit des personnages de dos faisant face à un paysage grandiose.
Un homme se dévore pour survivre, un mort-né prend la parole, une jeune femme perd les lettres de son nom de famille, bref, l’absurde jaillit de la vie de tous les jours comme chez Beckett ou encore Gogol. Vous sentez-vous proche de ces écrivains ?
Je ne connais pas bien Gogol. Un peu mieux Beckett. Je me sens d’autant plus proche de lui que nous avons été voisins : il a habité, épisodiquement, dans la même petite ville pendant trente ans. Adolescent, je le croisais parfois dans la rue. "Le Dépeupleur" est mon texte préféré de Beckett.
L’absurde est la conséquence évidente de notre condition. Je suis toujours surpris de voir que les gens continuent à se lever tous les matins. C’est assez extraordinaire, quand on y pense ! Deux constats : nous sommes petits et nous sommes mortels. On a beau sauter à l’élastique, partir sous les tropiques, acheter une voiture automatique, on n’échappe pas à l’absurdité.
Portrait chinois :
Si vous étiez un animal, vous seriez ? Malheureux
Une planète ? Pas plus heureux
Un endroit sur terre ? Une île
Un sentiment ? Un mélange de déception et d’espoir
Un personnage de la littérature ? Godot
Un outil ? Un outil pour les non-bricoleurs
Un plat cuisiné ? Un plat thaïEntretien réalisé par le libraire mystère xxx
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Juin
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Juin
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CD / DVD
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MeliSsmell
Droit dans la gueule du loup
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