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Fiche n°3 – Mai 2019

La mort en Perse, Annemarie Schwartzenbach
Petite Bibliothèque Payot
traduit de l’allemand par Dominique Laure Miermont
Année de publication : 1995

Dans la vingtaine, la voix d’Annemarie Schwartzenbach m’a secoué comme l’aurait fait une vibration tellurique, déstabilisant les maigres repères que ma jeunesse m’avait offert jusqu’alors. Pris dans les mailles d’une fièvre rimbaldienne, je lisais alors avec ferveur Paul Nizan et Paul Bowles. « La mort en Perse » vint confirmer une intuition : la lecture serait mon visa sans frontières.
Nous sommes en 1934, Annemarie s’abîme dans une mélancolie assassine. Son mariage avec le diplomate français Claude Clarac a fait long feu. L’emprise des drogues et des idées noires sur son psychisme sont à leur paroxysme. L’Iran lui apparaît comme une planche de salut. Dans la chaleur extrême de Téhéran son cœur se serre à la vue de Yalé, une jeune femme maladive dont elle s’éprend. Troublée, elle suit son mari sur le chemin chaotique qui conduit à la vallée perchée du Lahr, surnommée « la vallée heureuse ». C’est là, aux pieds de l’imposante masse rocheuse du Demavend, non loin de l’antique Persépolis qu’elle écrit ce récit à la fois solaire et désespéré.

L’auteur :
Annemarie Schwarzenbach est née à Zurich le 23 mai 1908 dans une famille d’industriels suisses, plutôt réactionnaires. Après des études d’histoire et de littérature, elle part pour Paris et Berlin où elle se lie d’amitié avec Erika et Klaus Mann, les deux enfants terribles de Thomas. Dépressive et passionnée, ses voyages la conduiront en Espagne et surtout En Perse, en Afghanistan aussi, en compagnie d’une autre grande plume suisse, Ella Maillart. Foncièrement anti-nazie, d’une fragilité émouvante, on lui doit une œuvre incandescente – romans, récits, poèmes et correspondances – dont une partie sera détruite par sa mère après sa mort accidentelle en 1942.

Extrait :
« Les nuits de Persépolis étaient des nuits faciles. Elles étaient claires, pas toujours grâce à la Voie lactée, ni grâce à la lune, qui semblait répandre des flots de lumière sur la plaine endormie ; mais il y avait ces conversations légères et tristes, et l’ivresse légère et agréable due à la vodka. Il y avait les longues aubes que l’on attendait sur la terrasse, et le vent qui soufflait doucement sur nos tempes brûlantes. Etendu sur un lit de camp, on rêvait de chemins futurs qui serpentaient à travers les plaines inconnues pour gagner les montagnes de l’espoir. On était là, plein d’espérance, remué d’un désir qui s’élançait vers le ciel comme les colonnes blanches, et tout là-haut la joie et la tristesse se rejoignaient – on pouvait supporter tout cela en souriant. »

Fiche rédigée par Pascal Thuot