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LE CLASSIQUE DU MOIS

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Le classique du mois d’octobre

Fiche N°8 – Octobre 2019
« Les Tragiques » de Théodore Aggripa d’Aubigné
Année de première publication : 1616

Qu’y a-t-il de plus efficace qu’une épée affutée, dans la main d’un militaire renommé, pour terrasser ses ennemis durant les guerres de religion qui éclaboussèrent de sang la deuxième partie du XVIè siècle en France ? Si certains diront l’écriture, Théodore Aggripa d’Aubigné a lui choisi de mener les deux de front, maniant aussi bien l’épée que la plume : « Les Tragiques » est son chef d’œuvre.
Vaste poème épique écrit à partir de 1572 et publié plus de quarante ans plus tard, « Les Tragiques » est une œuvre engagée et un livre de combat. Les sept chants qui le composent, d’environ 1500 vers chacun, tiennent autant de la prouesse littéraire que du témoignage historique. L’auteur défend le camp de la Réforme contre le catholicisme, incendie le roi relapse Henri IV dont il fut l’écuyer, et dresse un portrait de la France déchirée par les massacres des guerres de religion. Dans ce brasier littéraire où la beauté poétique tutoie l’ardeur de la guerre, chaque alexandrin est une arme et peu en réchappent : la justice corrompue et la cour dévote en tête de file. Redécouvert au XIXè siècle par Victor Hugo et Sainte-Beuve, « Les Tragiques » disait Marguerite Yourcenar, est un « vomi (de) fureur à l’égard de ceux qui semblaient avoir commis, ou n’avoir pas empêché, l’injustice ».

L’auteur :

Théodore Aggripa d’Aubigné, belliqueux, excessif et provocateur, doit sa survie durant ses 78 printemps au miracle. Né en 1552 dans une famille calviniste, il devient un chef de guerre exceptionnel aux côtés d’Henri de Navarre, futur Henri IV, roi de France, au moment où celui-ci dirige les troupes protestantes. Il échappe par hasard au massacre de la Saint-Barthélémy, guérit de la peste, et s’oppose farouchement à l’Edit de Nantes, synonyme d’une paix religieuse au goût amer de défaite pour les siens. En 1620 ses œuvres sont condamnées et il s’exile sous la contrainte à Genève, où il se plonge dans l’écriture. Il y meurt en 1630.

Extrait :

« Passerai-je la mer de tant de longs propos
Pour enrôler ici ceux-là qui en repos
Sont morts sur les tourments des gênes débrisantes,
Par la faim sans pitié, par les prisons puantes,
Les tenailles en feu, les enflambés tonneaux. »

Livre IV – Les feux

Fiche rédigée par Simon Payen