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LE CLASSIQUE DU MOIS

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Octobre - Synge

Fiche n°16 – Octobre 2020
La Source des saints de John Millington Synge
Année de première publication 1905
Traduit de l’anglais par Noëlle Renaude pour les éditions Théâtrales

Martin Doul et Mary Doul s’aiment. Ils sont pauvres, laids, drôles et bruyants. Aveugles, ils imaginent le monde de leurs paupières fermées et, sans le savoir, goûtent au bonheur. Leur vie est réglée comme du papier à musique qui toussoterait une mélodie belle et cruelle. Alors, lorsqu’un saint déboule de la montagne pour leur rendre la vue grâce à une eau miraculée, tout part à vau-l’eau : leur laideur et celle du monde les heurtent de plein fouet, la méchanceté des hommes et des femmes les effraient, les inégalités les dégoutent et leur amour vacille, leur couple s’effondre. Dans un monde où les voyants sont aveugles et les aveugles lucides, la langue radicalement argotique et déstructurée de J.M. Synge bouleverse. La Source des saints est une pièce d’une modernité folle, poétique et totalement universelle, où ce n’est pas l’amour qui rend aveugle mais la cécité qui rend amoureux. Une expérience littéraire d’une radicalité rare.

L’auteur :
L’œuvre de Synge, grand ami du Prix Nobel William Butler Yeats, avec qui il fonda au début du vingtième siècle le Théâtre de l’Abbaye de Dublin, étonne par sa modernité et son absence totale de vieillissement. Autant méconnu en France qu’incontournable outre-manche, il participa au renouveau de la culture irlandaise et s’imposa comme un dramaturge incontournable. De grands écrivains partirent sur ses traces, à l’instar d’Antonin Arthaud et Bertolt Brecht alors que la filiation entre son œuvre et celle de Beckett apparaît comme tissée de fils d’acier.

Extrait :
« Martin Doul : Dans les longues nuits j’y songe oui ça serait épatant de pouvoir se voir nous là pour une heure, une minute même, on le saurait tiens qu’on est c’est sûr l’homme le plus beau, puis la femme la plus belle, des sept comtés de l’est… Et puis là ce qui voit la lie là en dessous pourrait se ruiner l’âme à faire sales baratins, on ferait pas ça de cas de ce qui disent.
Mary Doul : Tu ne serais pas un gros bête tu n’en ferais pas de cas à l’heure qui est Martin Doul, car eux-là avec leur vue c’est tout mauvais, grande joie ça oui ils en ont, à l’heure qui voient une chose qui épate, de dire qui ne le voient pas, puis de te faire bêtes baratins, pareils à ce que Molly Byrne t’a fait à toi. »

Fiche rédigée par Simon Payen