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Joachim Machado de Assis

Une petite biographie :

En 1839, à Rio, le petit Joaquim grandit…. il est épileptique, métisse comme son père (artisan peintre et doreur) et bienvenu chez sa marraine, l’aristocratique veuve d’un sénateur, désignée à la mort de sa mère.
A 19 ans, le jeune homme – qui sera la gloire littéraire du Brésil – écrit un essai critique sur le « passé, le présent et l’avenir de la littérature »
En 1863, le jeune métisse se marie, heureux, avec une jeune Portugaise, fine et cultivée, malgré l’opposition de la « bonne » famille. Son épilepsie grandit, son style aussi. Machado est chroniqueur au journal de Rio de Janeiro.
A 41 ans, Machado achève le premier de ses romans dits « crépusculaires » ; quatre romans dont une trilogie, fameuse, « de la folie et de l’amour ».
En 1904, il perd sa femme, écrit pour elle un Mémorial, une consolation ; Ce que les hommes appellent amour, son dernier livre.
En 1908 J.M. Machado de Assis meurt à Rio.

« Je mourrai, dit un jour Machado, comme j’ai vécu, un livre à la main »

Les Mémoires posthumes de Bras Cubas sont un livre de digressions, sensiblement dans la veine de Sterne ( Tristram Shandy ) et de Xavier de Maistre (Voyage autour de ma chambre) . Un livre de mémoires fréquemment interrompues pour parler ou sympathiser avec le lecteur, ou bien un recueil d’allusions tristes mais courtes et d’anecdotes courtes mais gaies, choisies avec soin pour mieux faire honneur à la totalité de la vie de Bras Cubas, héros réticent, mélancolique et déjà mort lorsqu’il commence ses mémoires.

Emporté par une pneumonie due à une idée fixe - la création d’un emplâtre destiné à soigner tous les hypocondriaques - Bras Cubas, l’homme détaché, écrit le testament de son bonheur depuis l’autre côté du mystère. Des mémoires entreprises avec franchise, « la première qualité du défunt », pour se divertir de l’éternité.

« Une œuvre nonchalamment philosophique, d’une philosophie inégale, austère par moments, parfois joyeuse, une chose qui n’édifie ni ne détruit rien, n’embrase ni ne refroidit rien, qui est davantage qu’un passe temps et moins qu’un apostolat. »

le thème central des Mémoires Posthumes et de la trilogie toute entière est l’amour : sa nature, sa persistance, sa disparition et sa transformation, sa redécouverte après qu’il a disparu, tout espoir envolé. Bras Cubas, qui ne craint plus les surprises amères du déclin des sentiments, voit comment l’ironie, sans illusions, et l’amour tournent en rond sans relâche, l’un pourchassant l’autre selon le cycle des morts et des renaissances.

A l’instar de Voltaire, Machado propose avec ironie une philosophie de l’optimisme représentée par le personnage du penseur impécunieux Quincas Borba, philosophie que Borba appelle « humanitisme » et qui soutient que la douleur est illusoire. On se rappelle la charité de l’emplâtre de Bras Cubas destiné au soulagement de l’humanité mélancolique. Selon Chesterton, cité par Albert Manguel dans son journal (utile) d’un lecteur : « la véritable révolte, c’est celle de l’optimiste, lequel, en général, vit et meurt dans une tentative désespérée et suicidaire de persuader tous les autres de leur bonté. »
C’est le cœur-inspiré de ses personnages (qui le confessent) et l’ironie de Machado qui cette fois ci tournent en rond sans relâche…

Afin de relier les deux extrémités de sa vie, de recréer dans sa vieillesse son adolescence, de libérer son âme de ce qui le ronge et lui a valu son surnom, Dom Casmurro, - l’homme silencieux et absorbé, décide lui aussi d’écrire ses mémoires….Destiné à la prêtrise par sa mère, il finit par épouser son amour d’enfance ( ses yeux de ressac) mais voilà que la jalousie subrepticement s’empare de son cœur. « Superlativement amer », incapable de communiquer, ce dernier se condamne à la solitude.

L’Humour de Machado, une finesse, un mouvement sur soi et sur les choses qui finit souvent par faire rire sa propre éloquence.

«  Holà ! Je crois que ma plume était en train de glisser vers l’emphase. Soyons simple, comme était simple la vie que je menai…  »

Chez Machado, quand le sérieux – la vie, simple et sérieuse, l’amour – va avec le solennel, l’éloquence, l’emphase, c’est que le sérieux ne va pas, il deviendra stérile. Il y a un génie classique autant qu’original chez Machado, et une mélancolie qui effleure tout, l’économie de celui a aimé, a souffert, souffre.

«  Mais le livre est ennuyeux, il sent le tombeau, il garde quelque chose de la rigidité cadavérique : défaut grave et d’ailleurs sans importance, car le principal défaut de ce livre, c’est toi, lecteur. Tu es pressé de vieillir et le livre progresse lentement…  »

La folie, l’amour, l’humour, l’amertume, et la somme des sommes, une fine indulgence qui excuse l’univers comme on pardonne à un ami.
Selon José Vérissimo, qui assista à ses derniers instants, les ultimes paroles de Machado furent : La vie est bonne !

LA TRILOGIE de la folie et de l’amour, aux éditions Métailié :

- Dom Casmuro et les yeux de ressac
Traduit du portugais (brésil) par Anne-marie Quint.

-  Mémoires posthumes de Bras Cubas
traduit par R. Chadebec de Lavalade.

- Le philosophe ou le chien, Quincas Borba
traduit par Jean-Paul Bruyas.

article proposé par Julien de la Panneterie.