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Bernard Malamud, le meilleur des hommes

Saisissons l’occasion de la publication aux éditions Rivages de son premier roman inédit en français, Le meilleur (The Natural, 1952)* et de la réédition de L’homme de Kiev (The Fixer, 1966, National Book Award et Prix Pulitzer)**, pour célébrer la mémoire de cette figure discrète de la littérature américaine. Enfin, discrète oui mais pas inconnue loin s’en faut. Demandez à Philip Roth ou à Cynthia Ozick, ils vous diront en chœur que Malamud est un grand parmi les grands, « Â un maître de la littérature américaine » doublé d’« un maître de la littérature juive ». Mazette ! Rien que ça ! Mais qui êtes-vous Monsieur Malamud ?

Bernard Malamud (1914-1986) est né à Brooklyn de parents issus de la diaspora juive russe. La petite épicerie familiale et ses alentours, ce petit bout de Yiddishland new yorkais servira de décors à un roman, Le commis et une brassée de nouvelles dont Philip Roth nous dit le plus grand bien dans "Parlons travail" (Folio, trad. Josée Kamoun) :

"Bern enseignait lui-même non loin de là, à l’université d’État de Corvallis dans l’Oregon (quinze mille habitants), après avoir quitté New York (huit millions d’habitants) où il avait donné des cours du soir jusqu’en 1949. Cela faisait donc douze ans qu’il se trouvait au Far West, à enseigner les rudiments de la dissertation anglaise aux étudiants de première année, tout en écrivant : un roman de base-ball peu orthodoxe intitulé "Le meilleur", puis son chef d’œuvre, situé dans un Brooklyn archisinistre, "Le commis", ainsi que quatre ou cinq des meilleures nouvelles américaines que j’aie jamais lues (et lirai jamais) et d’autres encore, pas mauvaises non plus à mon goût."

Même si la langue de Bernard Malamud flamboie de finesse, même si ses personnages nous paraissent si proches, si fraternels, même si ses romans se lisent à bride abattue, il n’est pas un écrivain facile, ni un écrivain divertissant d’ailleurs. Comme le souligne Jonathan Safran Foer dans la préface de "L’homme de Kiev", "ce qui fait [de ce roman] un véritable chef d’œuvre, bien au-delà de son humanisme victorieux, est lié à tout autre chose : sa nécessité."

On peut déceler chez lui une multiplicité d’influences – Cholem Aleichem pour le côté juif, mais aussi Dostoïevski, Tchekhov et Edgar Poe – qui font de lui un écrivain rétif à l’étiquette. En France, manifestement, nous sommes passé à côté depuis la première traduction de ses nouvelles dans les années 60. Et bien, il ne tient qu’à nous de rattraper le temps perdu en se plongeant corps et âme dans ces deux formidables romans qui n’ont rien perdu de leur mordant, de leur profonde humanité ni de leur capacité à interroger les ombres qui envahissent notre présent.

Pascal Thuot

Le meilleur *traduit de l’anglais (E.U) par Josée Kamoun
** traduit de l’anglais (E.U) par Gérard et Solange de Lalène. Édition révisée par Hélène Cohen.